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     Franz Peter Schubert, 9ème enfant d'une famille de douze, naît à Vienne le 31 Janvier de l'année 1797, d'un père issu d'une famille paysanne de Moravie et d'une mère silésienne. Cour intérieure de la maison natale de Schubert Très jeune, Schubert reçut de son père une éducation générale de base ; mathématiques, littérature, latin et musique. Le frère ainé de Schubert, Ignaz, lui donna des cours de pianoforte alors que son père lui fit jouer du violon. Le chef de choeur de l'eglise Liechtental, Michael Holzer, prit Schubert en charge pour lui apprendre l'orgue, tout en lui donnant des leçons de chant mais aussi d'harmonie et de contrepoint. C'est ainsi qu'à l'âge de 10 ans, Schubert manifestait déjà un grand talent pour le chant et se vit confier la place de premier soprane du chœur. Mais surtout, Schubert se distinguait déjà dans la composition de lieder, de quatuors à cordes et de pièces pour clavier.
En Mai 1808, Schubert eut la possibilité d'intégrer le chœur de la Cour de la Chapelle Impériale et Royale et recevoir dans le même temps une éducation gratuite au séminaire : Mathématiques, Latin, Grec, Sciences naturelles, Religion, Géographie, Histoire et bien sûr Musique lui furent imposés. En intégrant l'orchestre du séminaire, Schubert fit la connaissance de Josef von Spaun qui restera toute sa vie un très bon ami. Le 28 mai 1812 vînt à mourir la mère de Schubert, alors âgée de 55 ans. Les conséquences de cette mort sur la vie de Schubert ne nous sont pas connues, toutefois elle coïncide avec la prise en charge privilégiée du jeune compositeur par Salieri qui donna au jeune prodige une formation de contrepoint. Plus les années passaient au sein du séminaire, plus Schubert se démotivait de ses études, en faveur de son dévouement musical.

Vers la fin de l'année 1813 Schubert quitta le séminaire pour intégrer la Normal-Hauptschule, une institution spécialisée dans la formation d'enseignants. Dans sa jeunesse Schubert alla souvent à l'opéra en compagnie de Spaun ; des visites qui l'encourageaient à en composer pour son propre compte. Toute sa vie durant cependant, malgré ses nombreuses tentatives, il ne parviendra jamais vraiment à s'imposer dans le genre.

En 1814 Schubert composa un quatuor à cordes (D112), ses deux premières symphonies ainsi que sa première Messe en fa majeur dont il dédia la partie soliste à Thérèse Grob, son amour d'adolescence, et possiblement la seule fille à jamais être tombée sous son charme. Schubert composa également en 1814 ses premiers lieder importants, comme Gretchen am Spinnrade ou Am See.
L'année 1815 sera une année passionnée pour Schubert qui était tombé fou amoureux de Thérèse Grob. Dans ce climat de romantisme exalté il multipliait à un rythme frénétique la composition de lieder ; on estime qu'il en aurait composé au moins 145 rien qu'en une seule année. Ajoutez à cela une autre symphonie, des oeuvres de scène, deux messes, des pièces sacrées, des danses pour piano, deux sonates, un quatuor à cordes en sol mineur ; au total Schubert aurait écrit 200 compositions durant l'année 1815, soit plus d'une tous les deux jours ! C'est de l'automne 1815 que date le fameux lied Erlkönig.

En avril 1816, avec le soutien de Salieri, Schubert postula pour devenir maître de musique à l'école Allemande Normale de Laibach, afin d'améliorer ses conditions vitales et financières. Mais ce fut en vain. Suite à cet échec, Schubert décida soudainement d'arrêter l'enseignement, pour tenter de mener une vie en tant que compositeur indépendant, vivant simplement grâce à la publication de ses oeuvres. Il espérait beaucoup du poète, acteur et éditeur Franz von Schober que lui avait présenté Spaun et qui allait lui aussi devenir un ami très fidèle de Schubert. Schubert profita également de l'hospitalité de Schober, qui l'hébergea à plusieurs reprises.
Parmi les compositions importantes de 1816 sont à retenir d'autres lieder dont certains sur des textes de Goethe, un quatuor à cordes en mi, trois sonates pour violon, un trio pour cordes, ainsi que ses 4ème et 5ème symphonies. Malheureusement, malgré sa grande fécondité musicale, Schubert n'avait jusqu'à là rien pu publier. Ce n'est qu'en juin 1816 qu'il reçut véritablement sa première commande ; la cantate Promethée.
Fin 1816 Schubert fit une nouvelle rencontre importante, celle du baryton Johann Michael Vogl qui restera lui aussi un des amis les plus précieux de Schubert sa courte vie durant.
En 1817 Schubert compose sa célèbre mélodie La Truite, et il parvient à achever ses véritables premières sonates pour le pianoforte. A la fin de l'été Schubert dû revenir habiter chez son père et retrouva sa fonction à l'école, son ami Schober étant parti pour la France. Il y compose de nouvelles œuvres dont deux Ouvertures et sa Symphonie n°6.

En Juillet 1818, Schubert part à Zseliz en Hongrie auprès du comte Johann Karl Esterhazy où il est chargé de donner des leçons de musique aux filles de ce dernier. Période heureuse dans la vie de Schubert qui nous a valu la composition des Marches militaires et des Polonaises.
Schubert revient à Vienne à la fin de l'année 1818 et emménage chez le poète Mayrhofer chez qui il restera jusqu'en 1820.

Au début de l'année 1819 fut interprétée en concert la nouvelle œuvre lyrique de Schubert Les frères jumeaux qui avait été commandée grâce à Vogl par le Kärntnerthor.
En été Schubert fut invité par Vogl en vacances à Steyr, où il composa son célèbre Quintette " La truite " et sa Sonate D664 ainsi que de nouveaux lieder. C'est une période particulièrement heureuse dans la jeunesse de Schubert

Malgré le succès mitigé des Frères jumeaux, Schubert fut chargé par le Théâtre de Vienne de composer en 1820 une nouvelle œuvre lyrique, Die Zauberharfe, mais la critique se montra assez pessimiste une fois de plus.
C'est aussi de 1820 que date le fameux Quartetsatz, dans laquelle Schubert atteint incontestablement une nouvelle maturité dans l'écriture.

1821 sera l'année des premières publications des œuvres de Schubert, mais les éditeurs ne s'intéresseront vraiment jamais qu'à ses lieder et ses valses, la plupart de ses plus grandes œuvres ne seront en effet publiés qu'après sa mort.

En 1822, Schubert compose la célèbre symphonie Inachevée, vraisemblablement après qu'il ait découvert qu'il était atteint de syphilis. De cette période datent également la Fantaisie " Wanderer " et la Messe en la bémol D678. Schubert décida de retourner vivre auprès de sa famille après la découverte de sa contamination, mais son état de santé s'est aggravé au point qu'il dû faire un séjour à l'hôpital au printemps 1823. Pourtant la maladie n'enlèvera en rien les forces créatrices du compositeur ; on suppose que c'est à l'hôpital qu'il entama la composition du cycle de lieder La belle meunière. La Sonate D784 date également de 1823 de même que les œuvres lyriques Der Verschorenen et Fierabos, sans oublier les chef-d'œuvres miniatures dans le domaine du lied : Du bist die Ruh', Der Zwerg, Wehmut, Nacht und Träume.
En 1824 Schubert retrouve peu à peu la santé et compose son Octuor ainsi que ses deux grandioses quatuors à cordes La jeune fille et la mort et Rosamunde. Schubert atteint incontestablement dans ces chef-d'œuvres son style de la maturité, tout comme il le fait dans la Symphonie Inachevée. Sur le plan des vécus, même si Schubert retrouve - fragilement - la santé en 1824, il n'est pas pour autant l'homme le plus heureux du monde. Déceptions amoureuses, insuccès de ses opéras, santé fragilisée, désintégration progressive des Schubertiades, autant de raisons qui font du Schubert de 1824 un homme mélancolique et tourmenté. Même son second voyage à Zseliz durant l'été n'arrangera pas son humeur maussade. C'est pourtant là qu'il composera le Grand duo et le Divertissement à la hongroise pour 4 mains. En automne il revient habiter chez son père, à Rossau, où il compose la Sonate pour Arpeggione.

Le début de l'année 1825 verra se diminuer sensiblement la production musicale du compositeur, en raison sans doute de sa complicité avec le peintre Moritz von Schwind rencontré deux années auparavant. Mais le peu qu'il compose est d'une qualité très raffinée ; avant tout Die junge Nonne et les sonates D845 et D840 (" reliquie ") .
L'été passé avec Vogl dans les montagnes autrichiennes sera plus heureux et sa musique plus illuminée ; Schubert y composa sans doute sa Neuvième symphonie (la " grande ") ainsi que la sonate D850. Il semble que Schubert parvienne avec sa dernière symphonie achevée à rivaliser avec Beethoven, même si son style demeure très singularisé.

Durant les trois dernières années de sa vie, la réputation de Schubert allait considérablement augmenter. Les concerts avec sa musique se sont multipliés de même que la publication de ses œuvres, et son nom s'est davantage diffusé à travers l'Europe.
D'autres lieder célèbres verront le jour en 1826, comme An Silvia, Im Frühling, Fisherweise ou Ständchen D889. En musique de chambre, Schubert compose son dernier quatuor à cordes, le quinzième, en sol majeur, et en musique pour piano il compose la Sonate D890 surnommée " Fantaisie " par les éditeurs.
Schubert est mort au premier étage de cette maisonCommence alors la période de tous les chef-d'œuvres ; en 1827 Schubert compose son cycle de chants Winterreise, sa Messe allemande, ses deux Trios pour piano, violon et violoncelle, ses Moments musicaux, ses Impromptus D899 et D935. En 1828, il compose son plus grand chef-d'œuvre pour 4 mains, la Fantaisie en fa mineur D940, les lieder du Schwanengesang, la Fantaisie pour violon, les trois Klavierstücke, l'Allegro pour quatre mains " Lebensstürme ", la dernière grande Messe en mi majeur D950, les deux derniers lieder der Hirt auf dem Felsen et Die Taubenpost, le Quintette pour cordes D956, les trois dernières Sonates D958, D959, D960. On peut sans doute expliquer cette suite de chefs-d'œuvres, tous aussi géniaux les uns que les autres, par le fait que Schubert sentait en lui la maladie reprendre ses droits et il savait ses jours comptés. Comme s'il luttait contre le peu de temps qui lui restait à vivre pour dire tout ce qui lui restait à dire. Il laissera derrière lui une Dizième Symphonie, inachevée, mais au combien prometteuse et prophétique sur le plan de l'écriture, certains musicologues y voient une anticipation sur Bruckner. On est en droit de se demander quel caractère aurait pris sa musique, avait-il vécu quelques années de plus. Mais le destin en a voulu autrement, Schubert est mort de typhoïde, à 31 ans, le 19 Novembre 1828 , laissant dernière lui une Œuvre grandiose à tous points de vue.


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